A la découverte de la prairie avec Bruno

Aujourd’hui nous partons à la visite d’une ferme moderne. Dès notre arrivée, c’est l’éleveur et propriétaire des lieux en personne, Bruno qui nous accueille. On commence la visite en passant devant une étable à la toiture couverte de panneaux solaires. Les vaches y séjournent du mois de décembre à avril pour être au chaud pendant l’hiver. On arrive au cœur des vertes prairies, on est déjà loin des idées reçues.
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Pour la suite de la visite, il va falloir enfiler les chaussures de marche, parce que la ferme de Bruno, c’est 62 hectares de prairies naturelles, précise notre éleveur. Mais ce n’est pas que des grandes étendues herbagées, la vue est coupée par des haies et des bosquets, c’est un paysage caractéristique d’une zone d’élevage. Bruno nous le rappelle, « la haie est reconnue comme un des points où l’on retrouve le plus de biodiversité » et elle concentre aussi « des enjeux très importants pour le bien-être de mes vaches ! ». En cas de pluie, de vent ou de trop forte chaleur, c’est à l’abri de ces arbres et de ces haies que les vaches viennent s’abriter. 

 

La prairie, c’est un écosystème complet qui échange des services réciproquement bénéfiques. En marchant dans ces espaces verts on aperçoit de nombreuses espèces végétales : du trèfle, des graminées, des fleurs… bref un régale pour nos yeux et pour les papilles des ruminants. « Sans les vaches qui mangent l’herbe tous les ans, on n’aurait pas cette diversité » aime à le rappeler Bruno.

En contemplant ces paysages, la ville et ses activités apparaissent au loin. Alors revient dans nos esprit la question de la pollution. Même si notre éleveur le concède, « comme toute activité, l’élevage émet des gaz à effet de serre, dont le méthane ». Mais il suffit de regarder autour de la ferme pour se rendre aussi compte de la capacité des espaces verts, entretenus naturellement par les vaches, à capter du carbone, un des gaz à effet de serre. Bruno nous le confirme : « oui, c’est une activité qui émet des gaz, mais, par la production d’herbe, on en compense une bonne partie ».

Au fil de la balade, la soif commence à se faire sentir, et c’est à l’abreuvoir, directement à la source que nous finissons par nous désaltérer, Bruno en tête. L’occasion idéale de parler des besoins en eau de la production de viande. 15 000 litres pour un kilo de boeuf ? Oui mais dans ce calcul on inclut toute l’eau de pluie qui tombe sur les 62 hectares de sa ferme. « C’est même 95% de l’eau comptabilisé » dans ce calcul précise Bruno. S’il on veut être plus juste sur l’eau utilisée par son activité, on s’approche plutôt de « 50 à 70 litres par kilo de viande de bœuf, bien loin des 15 000 litres ». Encore une idée reçue que notre hôte voudrait bien corriger.

Mais d’où viennent toutes ces idées reçues, cette défiance envers l’élevage et la viande ? Bruno nous avance une idée au fil de notre promenade : « Avant tout le monde avait dans la famille un agriculteur, un éleveur, qui pouvait créer un lien, expliquer son métier ». Aujourd’hui avec l’urbanisation, tous ces liens ont disparu. Bruno conclu « on a justement, nous, nécessité à recréer ces liens […] expliquer ce que je fais et essayer de vous expliquer les enjeux de mon métier ».

 

Mission accomplie pour Bruno qui aura su répondre à toutes nos questions au cours d’une agréable balade dans sa ferme et ses prairies. Alors vous aussi sautez le pas et osez parler avec les éleveurs, les agriculteurs, ils sauront mieux que quiconque vous expliquer la réalité de leur métiers.